La charge mentale d’une maman avec un TDAH

La charge mentale d’une maman avec un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) est un sujet souvent invisibilisé, et pourtant extrêmement lourd à porter.



Il est 7h42.


La cuisine est déjà en désordre.

Le café refroidit.

Son fils cherche son cahier.

Sa fille ne trouve plus sa chaussure.


Elle, elle est debout depuis longtemps.


Pas seulement physiquement.


Mentalement.


Depuis le réveil, son cerveau déroule des fils invisibles :

le rendez-vous chez l’orthophoniste,

le mail à envoyer à la maîtresse,

le drive des courses à valider,

la machine à étendre,

ce dossier qu’elle n’a pas encore terminé.


Elle pense à tout.

Et en même temps, elle a peur d’oublier quelque chose.


C’est cela, la charge mentale quand on est maman avec un TDAH :

une vigilance permanente, mêlée de cette crainte de l'oubli.


Le Haute Autorité de Santé décrit le TDAH adulte comme un trouble des fonctions exécutives : planification, mémoire de travail, régulation émotionnelle.


Dans les livres et sur internet, ce sont des termes techniques.


Dans la cuisine, à 7h42, ça veut dire :

- essayer de garder le fil alors que trois demandes surgissent en même temps.

- se sentir envahie par le bruit.

- passer d’une tâche à l’autre et oublier la première.

- et...s’en vouloir pour tout ça!


À 18h17, une fois les enfants récupérés (mais après avoir essuyé la remarque de l'animatrice du périsco "les goûters n'étaient pas dans les sacs, encore une fois" ), elle est fatiguée, taux d'énergie 2.5/10.


Pas seulement parce que la journée a été longue.

Parce que son cerveau, lui, n’a presque jamais cessé de tourner.


Elle anticipe le dîner en surveillant les devoirs.

Elle pense au sac de sport du lendemain en jouant la médiatrice entre son mari et leur ado.

Elle tente de rester calme alors que l’émotion monte plus vite qu’elle ne le voudrait.


Puis vient cette petite voix :

“Tu devrais mieux t'organiser, t'es vraiment pas douée'.”


Elle ne voit pas que l’effort qu’elle fournit pour ces gestes ordinaires est déjà immense.


Elle ne voit pas que ce qu’elle appelle “désorganisation” est souvent une mémoire de travail saturée.

Que ce qu’elle nomme “s’emporter” est parfois une régulation émotionnelle plus sensible.


Elle se juge.


C’est peut-être cela, le plus lourd :

la charge mentale visible…

et la charge mentale invisible du jugement intérieur.


Et pourtant.


Quand elle joue avec ses enfants, elle est intensément là.

Quand ils pleurent, elle ressent profondément.

Elle invente des solutions créatives pour apprendre les devoirs (malgré la dyslexie et le TDAH de ses enfants).

Elle comprend les nuances émotionnelles de leur ado HPI avec une finesse rare.


Son cerveau est intense.

Pas déficient.


Mais dans une société qui valorise la linéarité, la fluidité organisationnelle, la maîtrise constante, elle a l’impression d’être “à côté”.


Alors elle compense.

Elle se sur-adapte.

Elle s’épuise.


Un jour, elle comprend.


Elle comprend que son problème n’est pas l’amour.

Ni l’engagement.

Ni la compétence.


Son défi est exécutif, pas moral.


Et ce déplacement change tout.


Elle commence à simplifier.

À réduire volontairement la complexité.

À accepter qu’elle ne fonctionnera jamais comme une checklist parfaitement cochée.


Elle cesse peu à peu de se traiter comme un échec.


La charge mentale ne disparaît pas.


Mais elle n’est plus un tribunal permanent dans son cerveau.


Être une maman avec un TDAH, ce n’est pas être insuffisante.


C’est apprendre à piloter un cerveau intense dans un monde exigeant.


Et parfois, le geste le plus structurant, et salvateur, n’est pas d’en faire plus.

C’est de s’accorder, de s'autoriser à fonctionner autrement. 

Connaître, comprendre son fonctionnement.


Si cette histoire, c'est du vécu! elle me ressemble, peut-être à vous aussi...un peu, beaucoup… ou entièrement! 

Si vous avez dans votre entourage une maman qui lui ressemble, soyez indulgent, on ne connaît jamais les luttes intérieures des autres.


J'accompagne les femmes avec un TDAH à mieux se connaître, se comprendre, reprendre confiance, prendre leur place.

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